Le storytelling ou l’art de raconter des histoires

Souvent utilisé par les vendeurs et les grands orateurs pour convaincre et rallier leur public à leurs idées, le storytelling est un outil puissant et pourtant très simple.

Il suffit de suivre une règle et de savoir quoi raconter. Et vous savez quoi ? Tout le monde à des histoires à raconter…

Comme j’ai toujours tendance à le faire, plusieurs jours avant d’écrire un article, je cherche tous ce qui a un rapport avec mon idée principale chez les autres.

Pourquoi ? Afin de trouver des idées que j’aurais pu oublier et d’être entièrement focalisé sur mon objectif ­­­­­– et surtout ! de ne pas écrire la même chose que les autres. (À quoi cela sert-il de partager quelque chose qui a été déjà dit et redit ?)

Et justement, le storytelling on en parle partout, mais on retrouve souvent des articles faisant croire que c’est compliqué à utiliser.

D’accord, si on a rarement écrit des histoires on aura du mal à les mettre sur papier. Effectivement, si on n’est pas à l’aise à l’oral il nous sera difficile de les exposer correctement aux autres. Mais il suffit avant tout de s’entrainer…

En effet, raconter une histoire qui marche est chose aisée, car elle se compose de :

  • Un début
  • Un milieu
  • Une fin

Rien de bien plus compliqué. Cependant pour bien raconter une histoire il est obligatoire de voir ces trois points comme suit :

Le début doit commencer par un évènement qui pousse le Héro à agir. Faites en sorte qu’il soit confronté à une problématique qui l’oblige à partir à l’aventure. Vous devez chercher à ce que l’aventure vienne au Héro et non l’inverse ; l’effet voulu en sera plus conséquent.

Cet effet est le créateur d’empathie. C’est ce qui pousse le public à vouloir écouter la suite. Et pour ce faire, vous devez amener une souffrance au Héro.

Ce dernier doit être forcé à essayer de changer de situation. Ainsi votre histoire acquiert deux points forts dès le début :

  • Elle est concise. Vous n’avez pas besoin d’expliquer par A+B pourquoi ceci ou cela se passe, car le public a déjà en tête la raison principale du pourquoi. Exemple : toute la famille du Héro meurt -> il va se venger des coupables. (claire, précis)
  • Elle est cohérente. Nullement besoin de convaincre votre public sur la réalité de l’histoire ; elle est déjà vraie dans sa tête. On aime tous entendre des histoires. Elles nous prennent aux tripes. Inconsciemment on se l’approprie et on l’imagine la plus réelle possible.

Le milieu est la lutte du Héro. C’est le créateur de peur. En exposant une lutte constante, le public – qui, je le rappelle, a de l’empathie pour le Héro – va être en pression constante, car il le suit, car il veut qu’il se sorte de sa mésaventure.

Cette partie est le moment où vous voulez apporter le plus d’engouement, des points d’élévation au suspense pour préparer la chute…

Exemple : rien ne se passe comme prévu pour le Héro vengeur -> il accumule les échecs. La recherche des meurtriers de sa famille ne mène à rien.

La fin est la chute. Sans chute une histoire est comme une phrase non… Agaçant n’est-ce pas ? 🙂

La fin de votre histoire doit être au point culminant de la tension insufflée à votre public ; c’est le climax. La chute doit résoudre tous les problèmes en un seul coup. Elle apaise le public.

Exemple : le Héro vengeur ouvre les yeux -> en réalité il ne s’agissait que d’un seul meurtrier : son acolyte de voyage. Seulement il était trop tard. Ce dernier meurt par mégarde d’un accident condamnant le Héro à ne pas assouvir sa soif de vengeance comme il le désirait.

La chute devrait pouvoir se décrire en une phrase. Après un long périple, le véritable meurtrier se retrouve condamné à mort par le hasard.

L’exemple est tiré par les cheveux. Dit comme ça il ne ressemble à rien et manque d’une chose fondamentale à toute storytelling : une idée principale.

L’idée principale

L’idée principale est la chose que l’on cherche à véhiculer à travers son histoire. En utilisant le storytelling, on véhicule plus facilement notre idée. Elle marque plus facilement les esprits.

Voici les trois principales raisons de pourquoi il est utile de l’utiliser :

1. Retenir l’attention

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L’être humain aime apprendre, mais d’abord il veut être diverti, apprendre ensuite. Écouter une histoire est divertissant pour nous. Si elle renferme une idée, on l’ingère…

On retient beaucoup plus l’attention des gens en leur introduisant une histoire. On est tous avides d’histoires. Il suffit de regarder notre consommation de livres, de séries et de films pour s’en apercevoir.

Vous pouvez lire n’importe quel blog peu populaire pour vous en apercevoir. Même si le contenu est riche et utile, s’il est fade, mal présenté, vous lirez peut-être les conseils, mais vous ne reviendrez probablement plus.

2. Donner un effet mémoire

On est tous des êtres doués d’imagination. Quand on écoute une histoire on créer des images – les images sont la représentation des cinq sens et pas uniquement la vue, il ne faut pas l‘oublier.

Et quand on a créé des images, elles sont ancrées dans notre esprit, elles ne disparaitront jamais.

Imaginez une conférence d’une heure introduite par une histoire. Pendant toute cette heure, on explique énormément de conseils et méthodes qui débouchent sur une idée.

Eh bien, je peux vous garantir qu’à la fin de cette séance, la quasi-totalité du public aura oublié la majeure partie de ce qui a été dit ; à l’exception de, si elle a bien été racontée, l’histoire d’introduction. Le conférencier a tout intérêt à avoir inséré l’idée principale dans son histoire…

Laissez-moi vous raconter une brève histoire pour vous aider à visualiser cette force :

Mon voisin avait un arbre, le plus beau du voisinage. Et j’en voulais un, moi aussi, un arbre beau, grand et fort.

Un jour je me baladais en forêt et une idée m’est venue en observant un chêne. L’idée d’y découper une de ses branches et de la planter dans mon jardin.

Ceci fait, la branche ne ressemblait pas à grand-chose en comparaison à l’arbre du voisin. Celui-ci me dit en gloussant : « Les branches, ça ne pousse pas. Il faut planter une graine, petit. »

Ma branche n’était pas très droite, alors je lui mis un tuteur. Je l’arrosai.

Une année passa et elle était toujours intacte. On était en plein automne quand mon voisin passa la tête par-dessus le mur de son jardin pour me dire : « Tu vois ? Elle n’a toujours pas poussée ! Cet hiver sera rude. Elle ne tiendra pas l’année, petit. »

Je pris la peine d’entourer ma plante d’un isolant et je l’arrosai encore.

L’année suivante le voisin me héla : « Il est tenace ton bâton, mais tu perds ton temps, petit »

Je l’arrosai une énième fois et continuait à espérer malgré le fait qu’il n’était pas très beau. Son écorce était effritée et il donnait peu de branches.

Encore une année, et j’arrosais mon petit arbre. Je sentais le regard désapprobateur du voisin dans mon dos.

Une autre et encore une, et ma branche était devenue un beau chêne qui s’érigeait tout droit. J’en étais fier. Il avait maintenant vingt ans et le voisin cherchait un moyen de couper le sien devenu trop encombrant.

petite-branche-meilleur-moment-storytellingLe meilleur moment pour planter une branche était il y a vingt ans, le deuxième meilleur moment est aujourd’hui.

3. Faire agir grâce à l’émotion

C’est la raison de pourquoi les vendeurs apprécient le storytelling et vante son mérite.

Vous n’avez jamais aperçu tous ces sites de ventes avec l’histoire d’untel qui raconte que le produit qu’ils proposent avait changé sa vie, qu’un commentaire mis en avant dit : « J’avais peur du regard des gens et je mettais toujours un chapeau quand je sortais de la rue. Mais j’ai découvert votre site par hasard et ma vie a changé ! Ma calvitie a disparu en 7 jours seulement ! Dorénavant je suis fier de montrer mon crâne chevelu. Merci du fond du cœur ! » ?

Pittoresque n’est-ce pas ? Et pourtant les statistiques de vente augmentent en racontant une histoire vécue, du moment qu’elle soit bien dite.

Si vous arrivez à impacter les gens, à leur faire ressentir des émotions qui les touchent, vous obtiendrez d’eux une action.

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Utiliser sa structure pour écrire

On peut tout à fait écrire un livre où presque n’importe quoi sur cette base fondamentale : 1) élément perturbateur 2) péripéties 3) chute.

La structuration d’un texte peut être très simple à mettre en œuvre en suivant ce principe. Le genre de truc qu’on vous parle vite fait à l’école, qui est fondamental, mais qui est négligé dans beaucoup d’écrits. Pour mieux comprendre, parlons cinéma :

black-snyder-scenario-histoire-cinema-storytellingSavez-vous pourquoi le cinéma américain a beaucoup de succès ? Pourquoi la plupart de ses productions marchent-elles ? Pourquoi dit-on souvent (à tort) que les films français sont ennuyants ? La première réponse est que l’anglais est la première langue parlée, mais ce n’est pas la plus grande raison…

Les productions hollywoodiennes sont toutes basées sur un livre, une recette unique, une structure de scénario qui marche. Elle vient du manuel « les règles élémentaires pour l’écriture d’un scénario » publié par Blake Snyder. Tout scénario présenté à Hollywood qui ne respecte pas ces règles sont immédiatement jetés.

En suivant ce manuel, les scénarios sont tous écrits en trois actes. C’est une technique de fabrication pour savoir si une histoire est susceptible de marcher. Donc le cinéma américain se base là-dessus comme une sécurité pour que ses productions aient du succès.

C’est leur façon de limiter les risques sur les films à gros budgets. On ne peut pas nier son efficacité. Mais pour ce qui en est de la qualité des films d’aujourd’hui… Je ne suis qu’un amateur donc je ne peux pas vraiment vous aider plus en détail sur le sujet. 🙂

Bref, utiliser une structure simple pour ses histoires les rend 1) simples à mettre en place 2) plaisantes à la majorité.


Raconter des histoires c’est simple

Je cherchais à démystifier le storrytelling ; à vous faire comprendre que son utilisation est accessible à tout le monde. Et qu’on peut même rendre plus attrayant un article de blog en l’utilisant. Si vous analysez celui-ci, vous remarquerez qu’il peut être décomposé en trois parties. 😉

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Storytelling :

1 : On me fait croire que c’est compliqué

2 : j’explique ce que c’est

3 : finalement c’est simple 🙂