« Fahrenheit 451 » – Ray Bradbury

« Vis comme si tu devais mourir dans dix secondes. Regarde le monde. Il est mille fois plus extraordinaire que tous les rêves qu’on peut fabriquer en série dans les usines. »

— Ray Bradbury


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Poche: 224 pages

Éditeur : Gallimard (11 octobre 2000)

Collection : Folio SF

Langue : Français

Résumé: En 1953, Ray Bradbury eut à travers son roman Fahrenheit 451, devenu depuis un classique de la science-fiction, l’une des visions les plus effroyables de l’avenir. Dans cette première adaptation autorisée en bande dessinée, réalisée en étroite collaboration avec Ray Bradbury, Tim Hamilton a su créer une œuvre d’art véritablement saisissante. La prise de conscience par le héros des méthodes d’un gouvernement violemment obscurantiste s’y accompagne de la découverte de l’importance de la lecture en tant que liberté individuelle.


451 degrés Fahrenheit ou la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume… Ce livre – publié en 1953 par Ray Bradbury – dépeint une société imaginaire qui reflète celle de son époque, son future. Autrement dit, la nôtre…

Dans ce livre écrit il y a presque 70 ans, quantité de détails nous rappelle à quel point il est encore d’actualité au jour d’aujourd’hui. Où les gens de la société qu’il décrit sont absorbés par les artifices, les sons, les images et tous ce qui approche de près ou de loin le divertissement pur et bête.

Il va jusqu’à montrer des gens toujours plus connectés à travers les écrans des murs. Une femme qui passe ses journées avec la « famille » qui lui parle à travers ces écrans. Mais qui est-elle ? À cette questions les gens ne savent vraiment, car ils ne communiquent plus, parlent de rien, sont si proches les uns des autres et pourtant étranger l’un envers l’autre.


 

« Mais surtout, j’aime observer les gens. Il m’arrive de passer toute une journée dans le métro à les regarder et à les écouter. J’ai simplement envie de comprendre qui ils sont, ce qu’ils veulent et où ils vont. Il m’arrive aussi d’aller dans les parcs d’attractions et de me risquer dans les jet cars quand ils font la course à la sortie de la ville à minuit ; du moment qu’ils sont assurés, la police ferme les yeux — du moment que tout le monde est super assuré, tout le monde est content. Des fois, je les écoute en douce dans le métro. Ou aux distributeurs de rafraîchissements. Et vous savez quoi ?

— Quoi ?

Les gens ne parlent de rien.

— Allons donc, il faut bien qu’ils parlent de quelque chose !

— Non, non, de rien. Ils citent toute une ribambelle de voitures, de vêtements ou de piscines et disent : « Super ! » Mais ils disent tous la même chose et personne n’est jamais d’un avis différent. Et la plupart du temps, dans les cafés, ils se font raconter les mêmes histoires drôles par les juke-boxes, ou regardent défiler les motifs colorés sur les murs musicaux, des motifs abstraits, de simples taches de couleurs. Et les musées, n’y êtes-vous jamais allé ? Rien que de l’abstrait. C’est tout ce qu’il y a aujourd’hui. Mon oncle dit que c’était différent autrefois. Jadis il y avait des tableaux qui exprimaient des choses ou même représentaient des gens.

 


L’histoire nous plonge au côté de Montag un pompier qui brûle les livres car, oui, les pompiers servent ici à allumer les feux. J’ai entendu qu’autrefois ils servaient à les éteindre… En effet, la société a déclaré que les livres étaient illégales.

Mais un jour, il va faire la rencontre de Clarisse une fille âgé de 17 ans qui n’est pas comme les autres, jugée antisociale par la société, car elle parle beaucoup et pose trop de questions. Et cette rencontre va le faire réfléchir sur sa vie. Il se rendit ainsi compte qu’il n’était pas vraiment heureux.

Alors il va commencer à se poser des questions, à réfléchir… Une veille femme se suicida en se brûlant avec sa possession de livre. Montag va donc se demander qu’est-ce qu’ils peuvent bien renfermer, pour qu’une personne en arrive à un tel acte. Ses ennuis commencèrent.

Ce qui l’attend, c’est la dénonciation, la surveillance, la traque, la terreur et la trahison. Il ne peut plus faire retour arrière, et un précipice va s’ouvrir entre lui et les gens de son monde qui ne réalise pas qu’on joue avec leur conscience.

Traqué, il va quitter la ville pour rejoindre une communauté cachée de gens qui gardent les connaissances, dans leur tête. Cacher la connaissance de la destruction afin de la retransmettre à ceux qui veulent l’entendre, seul moyen pour l’auteur d’aider une société qui régresse.

À la fin, l’ancienne ville de Montag fut détruite sous une pluie de bombe, car c’était la guerre. Une guerre que les gens de cette société ne craignait pas ni ne vit arriver, puisqu’ils étaient tous tourner vers leur mur écran, aspirés par les images que la « famille » leur projetait. La « famille », création d’un gouvernement qui dit de ne pas s’en faire, car elle veille sur vous.

Le livre se finit par la destruction et le chaos. Mais une destruction qui laisse place à la reconstruction, celle que Montag et sa nouvelle communauté s’apprêtent à accomplir.

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« Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux à cause de la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu’il oublie jusqu’à l’existence de la guerre. […] La paix Montag. Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de « faits », qu’ils se sentent gavés, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront alors l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. »


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Pour conclure :

Cette œuvre nous plonge dans un monde qui porte à réflexion, sur notre société et nos comportements quotidiens envers la consommation à outrance, du média à censure et de l’audiovisuel abêtissant, facile, stupide et stérile. Vous et moi en sommes plus ou moins des consommateurs…

Le plus difficile à admettre, peut-être, c’est à quel point sa morale est proche de notre existence actuelle. Nous ne brûlons pas les livres, mais c’est déjà arrivé – et plus d’une fois, et pas si longtemps. Finalement il est peut-être préférable, pour vous et moi, d’oublier un peu l’illusion des divertissements télévisés et de porter un regard neuf sur la vie et les mots…

Le livre en quelques mots : Une histoire qui vous pousse à réfléchir !

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