Une Brève histoire, rien de plus.

« Quelques mots suffisent »

 

Dans une petite ville aux confins des États-Unis, un dénommé Jack… Joe ou Joey traversait une enfance difficile. Sa vie tournait mal. Il commençait à devenir un voyou.

Il se mit à voler les membres de sa famille, ses voisins, ses amis, et finit par chaparder les biens de chaque habitant de sa ville natale.

Bien sûr, cela débutait par de petits vols : une friandise dérobée chez l’épicier, un jouet subtilisé à un camarade, un porte-monnaie délesté de quelques centimes et cætera. Mais peu à peu, à force d’escamoter, aux fils des mois, années, il y prit goût.

Sans même que son entourage eût le temps de s’en apercevoir, il devenait un vrai voleur. Du petit vol à l’étalage, il passa au grand larcin.

 

Ce qui devait arriver arriva. Alors qu’il braquait un commerce, la police l’arrêta. Étant encore mineur, on l’envoya en maison de correction où lui sera dispensé des « programmes spéciaux » pour le remettre sur le droit de chemin.

 

Jack, Joe ou Joey finit par sortir de prison pour rentrer chez lui. Son entourage espérait que cela lui serve de leçon. Toutefois, ce que tout le monde redoutait arriva…

Les mois qui suivirent sa sortie de prison rencontraient tout un tas d’évènement pour les moins bizarres ; des disparitions étranges survinrent…

Une voiture garée le matin dans la rue disparaissait aussitôt l’après-midi ; un ordinateur de bureau mis en évidence devant une fenêtre malencontreusement ouverte s’éclipsait à l’aube ; le lourd piano d’un bar-ambiance laissait sa place à une marque de poussière dès la fermeture. C’était comme si chaque objet de valeur de la ville s’évaporait le temps d’un clignement d’œil.

Bien évidemment, toute la ville soupçonnait Jack, Joe ou Joey, mais jamais personne ne le prenait la main dans le sac.

 

Un beau jour, la ville organisait un grand bal dansant. Toute la population était invitée et s’était mise sur son trente-et-un, chaque classe sociale confondue ; y compris Jack, Joe ou Joey.

La musique vibrait, les gens dansaient, les couleurs disparates des projecteurs miroitaient dans la salle.

C’est dans cette salle qu’il la vit. Une femme qu’il trouva tout à fait sublime. Dès l’instant où il posa ses yeux sur elle, il en fut éprit. « Mais comment lui plaire ? » se dit-il.

Alors rassemblant son courage d’homme qui ne sait pas comment plaire aux femmes, il s’approcha d’elle. Il hésita un peu et lui dit : « vous dansez ? ».

À quoi elle répondit en souriant : « Oui, seulement si vous êtes un gentleman ».

Cette phrase fut comme un déclencheur à son esprit. L’habitude – ce mécanisme bien huilé – de sa cleptomanie s’effrita, s’entrechoqua à ces mots ; créant l’oxymore du Gentleman Voleur.

Il passa l’une des meilleures soirées de sa vie en compagnie de sa partenaire de danse ; fille d’une famille aisée.

 

Le lendemain, quelque chose de surprenant survint…

La voiture volé, se retrouva garée à l’endroit exacte où elle avait disparue ; l’ordinateur fut mis sur son ancien bureau et rebranché correctement ; le piano retrouva son pianiste afin de marquer à nouveau le sol de poussière. Jack, Joe ou Joey avait emmagasiné tous les objets volés chez lui, et les remit l’un après l’autre à leur emplacement d’origine.

Sa rencontre avec cette femme l’avait changée du jour au lendemain. Il se métamorphosa en véritable gentleman et se fit l’intime promesse de ne plus jamais faire quoi que ce soit de malhonnête.

 

Le père de celle-ci était dans les affaires et lui offrit une place respectable dans son entreprise. Et ainsi, il ne vivait plus du larcin.

De voleur sans scrupule il devint un honnête travailleur, alors qu’il n’a fallu qu’une bouche signifiante lui dise : « Seulement si vous êtes un gentleman ».

Il ne faut que peu de mots pour changer du tout au tout la vie d’un homme; tout du moins qu’ils soient chargés d’une émotion forte.