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Poche: 551 pages

Éditeur : Gallimard (23 mai 2001)

Collection : Folio

Langue : Anglais, Français

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »


« Il m’a brisé le cœur. Toi, tu n’as brisé que ma vie. »

—Vladimir Nabokov

En 1955, l’un des meilleurs travaux d’écriture et sujet à controverse a été publié. Nommé, « repoussant, dégoutant, révoltant et corrompu » le livre a été écrit aux États-Unis par Vladimir Nabokov.

Professeur dans une école, il avait déjà publié plusieurs livres sans grand succès. Et quand il envoyait le manuscrit de « Lolita » à plusieurs éditeurs, on le refusait. Bref, tout le monde avait peur des répercutions possible à publier ce livre ; ce qui se comprend…

L’auteur disait :

«Leur refus se fondait non pas sur ma façon de traiter le thème, mais sur le thème lui-même»

Le livre que j’ai aimé car j’ai détesté son histoire. Quelle contradiction ! Dès le début (1ère partie du livre) j’étais constamment mêlé entre indignation – envers le personnage principal – et admiration – pour le réalisme de l’histoire, car il parle de « pédophilie ».

C’est un livre qui s’est vendu à des millions d’exemplaires dans le monde et qui a fait scandale. Et on comprend pourquoi en le lisant.

Avant de commencer cette présentation, pour bien comprendre, je vais vous donner un de mes secrets de lecture : je m’arrange souvent pour ne pas connaitre le contenu d’un livre avant de le lire ; je cherche les bons livres sur internet en me fiant bêtement aux avis, sans lire le moindre résumé, ainsi je me surprends fréquemment dans mes lectures. (et je vous conseille de tester cela 🙂 )

Note : bien sûr j’ai du mal à ne pas me « spoiler » une histoire, mais, si c’est le cas pour une de vos futures lectures, essayez de la mettre dans un coin suffisamment longtemps pour en oublier le « spoil ». (Et même d’arrêter de lire cet article ^^)

Je pense que vous me voyez venir quand je dis que j’ai lu « lolita » sans connaitre son sujet. Aussi l’indignation en fut encore plus forte et ça fut un vrai choc émotionnel de découvrir le sujet.

Fait encore plus drôle, c’est, qu’au bout d’un moment, je me suis arrêté dans ma lecture pour vérifier sur internet qui était l’auteur. Effectivement, le réalisme et la cohérence du personnage principal qui s’exprime à la première personne m’avait bluffé et je m’étais amené à penser : « Est-ce qu’il a vraiment existé ? ».

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Le livre commence comme une confession d’Humbert Humbert (le personnage principal) alors qu’il attend d’être jugé pour meurtre (oui, on connait déjà la fin). Celui-ci est à l’image de l’Auteur, un « exilé » européen vivant en Amérique. D’ailleurs, dans sa jeunesse européenne, Humbert Humbert a forgé l’habitude de sa « passion funeste » qui consiste à répéter la rencontre – fulgurante mais frustrante – qu’il eut sur la côte d’azur avec Annabelle Leigh, une adolescente de son âge.

Et c’est de là que date son amour pour ce qu’il baptise les « nymphettes », des « jeunes vierges entre les âges limites de neuf à quatorze ans, qui révèlent au voyageur ensorcelé leur nature véritable, qui est nymphique, c’est-à-dire démoniaque ».

L’histoire est centré sur Humbert Humbert  – pédophile et à la fois incestueux –  qui va s’éprendre de « lolita » une fillette de douze ans. Il est tour à tour sentimental, tendre, odieux, amoureux, cynique et calculateur.

Sans aller plus loin dans l’histoire, Humbert va dans les deux parties du livres parcourir les quatre coins de l’Amérique (avec et sans lolita).

Une chose importante à relever, est comment le personnage principal se voit lui-même. C’est un homme mûr qui a une liaison avec sa belle-fille aussi impubère qu’impudique ; une passion pédophile doublé d’inceste. Il a tout à fait conscience que ce qu’il fait et pense est mal, mais cela ne l’empêche pas de passer à l’acte pour autant.

Le fond et la forme du livre s’entremêlent étroitement. Ils provoquent un sentiment ambigu : d’un côté l’horreur de la situation, de l’autre une irrésistible gourmandise littéraire. Car, le lecteur qui a aimé et celui qui a détesté s’accorderont sur une chose : l’écriture du roman est élégante et éveille les sens.


Pour conclure :

Pour quelqu’un qui n’aime pas trop les récits à la première personne, l’écriture de ce livre m’a beaucoup plus, même en comptant les quelques moments longs. On est directement plongé dans les pensées du personnage qui sont très glauques. Et l’auteur a très bien su rester extérieur au sujet sur la pédophilie ce qui, en un sens, est très dur à réaliser (dans un livre qu’il a écrit en anglais : qui n’est pas sa langue natale !).

Enfin, « lolita » n’est point, comme on pourrait le croire à première vue, un livre qui tente de faire l’apologie de la pédophilie ni de faire polémique. Il cherche juste à être lu et à ravir des lecteurs qui apprécient la grande littérature.

Ma note : notation Une écriture littéraire splendidement esthétique.

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