Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même.

—George Orwell


1984-george-orwell

Poche: 438 pages

Éditeur : Gallimard

Collection : Folio

Langue : Français

«De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.»


« La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force. » répète le régime de Big Brother en 1984, société la plus totalitaire imaginée en littérature (et presque réalité de nos jours ?).

L’auteur traduit ici son inquiétude face à l’évolution du monde dans lequel il vit et craint pour la perte de liberté des individus. Il décrit une politique totalitaire qui interdit toutes les formes de liberté individuelle aux classes sociales les plus élevées. Comme vu plus haut, l’un des Trois slogans de cette société imaginée est d’ailleurs « la liberté c’est l’esclavage ».

Ce livre est beaucoup plus qu’une simple critique : c’est une réflexion en profondeur sur le totalitarisme, la liberté, la pensée et l’humain. Roman de science-fiction ou thèse politique, 1984 nous montre que personne n’est à l’abri du contrôle de la pensée, même Winston (personnage principal) qui, pourtant, est le symbole de la révolution contre la dictature…

Orwell, écrivant avec violence des passages sur la torture et les pires sentiments humains, ne tombe pas dans le simplisme mais étudie le phénomène totalitaire. Que dire de des personnages ? Syme, qui restreint le vocabulaire pour créer le « Novlangue » afin de limiter la pensée, ou Parson, esclave du Parti, qui se fait dénoncer par sa fille et en est tout de même fier, si ce n’est y trouver un terrible – mais réaliste – parallèle avec tous ceux dont la pensée libre a été supprimée au point de les anéantir humainement ?

1984 est finalement un miroir de l’Homme et de ses pensées les plus dangereuses. George Orwell a réussi à mêler dans son récit à la fois une intrigue bien menée et une véritable réflexion

Résumé : SPOILER !


On peut aussi voir dans ce roman une critique de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le phénomène de « double-pensée » fait référence à cette période de l’histoire car il met en avant la facilité avec laquelle un peuple peut refuser de « voir » la vérité. En effet, lorsque des individus sont assassinés par les membres du Parti et « effacés » des registres officiels, ils « disparaissent » de l’esprit des gens. Cela peut rappeler l’Allemagne nazie et le massacre de la population juive ; Goldstein étant d’ailleurs présenté sous les traits d’un homme d’origine juive.

On trouve également une allusion directe à l’horreur de la guerre avec les combats constants qui déchirent les différents pays et les bombes qui explosent continuellement.

On peut enfin signaler que ce roman contient un véritable essai qui tente de décrire le fonctionnement des régimes totalitaires, par le biais du Livre de Goldstein, dont Winston va faire la lecture avant d’être arrêté par le Parti.

C’est donc un Roman très sombre et pessimiste (Orwell n’était sans doute pas confiant en l’avenir en 1948, et le sommes-nous en 2017 ?), 1984 dépassera toutes les époques, car jamais un livre n’a autant démontré que l’Homme est dangereux pour lui-même par ses actes et sa pensée. C’est un rappel à chaque génération que la liberté de la pensée reste pour une société démocratique la première obligation.

Pour conclure :

En soit, 1984 pourrait obtenir une note modeste, l’écriture et le rythme étant moyen. Le livre est un peu trop cynique à mon goût, même si l’histoire me touche beaucoup. Il utilise la dystopie, c’est-à-dire qu’il invente un monde qui fait tout pour empêcher le bonheur. Il touche la personnalité de l’être humain, le contrôle par la peur et la robotisation de l’homme par le contrôle des sentiments.

Je trouve donc le concept du livre génial mais, fini, il reste perfectible. Peut-être dû au fait qu’il y a de longs passages descriptifs, ce qui devient assez ennuyeux. La fin, plus rapide et oppressante, est agréable à lire. On apprécie de le lire car, au fil du temps, il colle de plus en plus au schéma de notre monde ; ce qui n’est pas encourageant…

Ma note : notation3 Une fiction qui révèle une dure réalité.

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